Le 9 avril 2026, la Fondation de l’École normale supérieure a réuni ses donatrices et donateurs pour sa soirée annuelle, en présence de Stéphane Israël, président de la Fondation, et de Frédéric Worms, directeur de l’ENS-PSL.
Après un retour sur les actions menées en 2025 et les perspectives pour 2026, présenté par Caroline Guény-Mentré, directrice de la Fondation, la soirée a pris une dimension résolument stratégique avec une séquence consacrée à l’intelligence artificielle.
Au cœur de cette édition, une table ronde intitulée « Intelligence artificielle, crises et conflits : quels enjeux pour la recherche et la décision publique ? » a réuni Alda Mari, chercheuse au Département d’études cognitives de l’ENS et lauréate de la médaille de l’innovation du CNRS 2025, Antoine Bordes, Chief Scientist de Helsing, et Nicolas Roche, Secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale. Elle était modérée par Laurent Daudet, directeur exécutif de normalesup.ai. Celle-ci a permis d’explorer les transformations profondes induites par ces technologies dans les domaines stratégiques et décisionnels. En amont, Elsa Novelli, post-doctorante au CIENS (Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques), a proposé une intervention scientifique introductive sur la stratégie du bruit à l’ère de l’intelligence artificielle et son implication dans la “guerre cognitive”.
L’intelligence artificielle face aux nouvelles formes de conflictualité

© Géraldine Bruneel
Les interventions ont mis en lumière l’évolution rapide des formes de conflictualité, marquée par l’intégration de l’IA dans la conduite des opérations : traitement massif de données, accélération des prises de décision, développement de systèmes autonomes et robotisés. Autant de transformations qui font directement écho aux travaux menés à l’École normale supérieure, où chercheurs et chercheuses explorent les fondements mathématiques, informatiques et cognitifs de ces technologies, ainsi que leurs implications stratégiques. Ces mutations redéfinissent les équilibres entre attaque et défense, tout en faisant émerger de nouvelles vulnérabilités, notamment dans les domaines cyber et informationnel.
Les échanges ont également souligné l’émergence de menaces hybrides, où manipulation de l’information, attaques cyber à bas coût et dépendance accrue aux infrastructures numériques complexifient les réponses des États. Dans ce contexte, les recherches conduites à l’ENS contribuent à mieux comprendre ces phénomènes, en croisant approches scientifiques, réflexions éthiques et analyses géopolitiques. La capacité à maîtriser les données, à concevoir des systèmes robustes et à articuler autonomie technologique et contrôle humain apparaît ainsi comme un enjeu central, au cœur des dynamiques de recherche soutenues par la Fondation.

© Géraldine Bruneel
Penser, relier, éclairer
En réunissant chercheurs, responsables publics et acteurs industriels, cette soirée a pleinement illustré ce qui fait la singularité de l’ENS et de sa Fondation : créer les conditions d’un dialogue exigeant entre savoirs, disciplines et mondes d’action.
La Fondation de l’ENS remercie chaleureusement l’ensemble de ses donatrices et donateurs pour leur présence et leur engagement. Leur soutien permet non seulement de faire émerger des recherches d’excellence, mais aussi d’ouvrir ces espaces de réflexion indispensables pour comprendre et anticiper les transformations du monde contemporain.








