Années après années, le mois Femmes et Filles de Sciences s’impose comme un temps fort de la vie de l’ENS. De la mi-février à la mi-mars 2026, conférences, ateliers, tables rondes et événements culturels ont mobilisé étudiantes, chercheurs, partenaires et mécènes autour d’un objectif commun : agir concrètement pour une plus grande parité dans les filières scientifiques.
Au-delà de la programmation, ce rendez-vous donne une visibilité accrue au programme de bourses Femmes et Sciences porté par la Fondation de l’ENS, levier structurant d’une politique engagée depuis 2023.
Rendre visibles les femmes scientifiques

Wikithon
@Fondation de l’ENS
Le 11 février, une journée d’éditathon a réuni la communauté de l’ENS autour d’un objectif précis : enrichir Wikipédia d’articles consacrés à des femmes scientifiques et à leurs découvertes.
Cette initiative répond à un enjeu central. L’invisibilisation historique des chercheuses alimente les stéréotypes et entretient l’idée d’une science majoritairement masculine. Produire et diffuser des contenus fiables sur leurs travaux constitue une action concrète pour rééquilibrer les représentations.
Agir dès le plus jeune âge

Valentine Blanpain
@Fondation de l’ENS
Le mois Femmes et Filles de Sciences s’est poursuivi auprès des plus jeunes, par des interventions dédiées aux familles et aux collégiennes et collégiens.
La conférence « Petites exploratrices, petits explorateurs de la connaissance », animée par Valentine Blanpain, normalienne en mathématiques, a invité enfants et parents à aborder les sciences avec curiosité et exigence. Des ateliers en collège ont ensuite permis d’interroger les stéréotypes de genre à l’école, notamment en mathématiques. Les échanges se sont montrés riches : l’ENS accompagne la prochaine génération pour s’engager dans l’étude des sciences.
Mettre en débat les inégalités de départ

Table ronde en salle Dussane
@Fondation de l’ENS
Deux tables rondes ont prolongé cette réflexion. La première, « Être différente, partir d’ailleurs : dépasser les inégalités de départ », a interrogé les mécanismes souvent invisibles qui freinent l’accès aux filières d’excellence : stéréotypes, absence de réseaux, manque de rôles modèles. Nous avons assisté à une discussion passionante entre Fouley Koïta, Directrice adjointe du collège Myriam Makeba ; Clotilde Policar, Chimiste, Professeure, Directrice des études sciences à l’ENS-PSL ; Elisabeth Moreno, Présidente du CA de Ring Capital et Ring Africa, Présidente de Leaders Engagés, Présidente de la Fondation Femmes@numérique et de La Puissance du Lien, Ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, à la Diversité et à l’Égalité des chances 2020-2022 ; Virginie Salmen, Cofondatrice et directrice de ViensVoirMonTaf ; Marie Gabrielle Bertran (Postdoctorante au Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques (CIENS).
La seconde, consacrée aux femmes dans le secteur spatial, a donné la parole à des ingénieures et expertes évoluant dans des environnements encore largement masculins.
Ces échanges ont mis en lumière un point central : la parité ne se décrète pas. Elle suppose des politiques volontaristes, des dispositifs de soutien et une mobilisation collective.
La culture comme espace de reconnaissance

Elisabeth Bouchaud et Virginie Bonnaillie-Noël
@Fondation de l’ENS
La représentation de « La découvreuse oubliée » au Théâtre de la Reine Blanche a offert un autre registre d’engagement. En mettant à l’honneur Marthe Gautier et l’histoire de la découverte de la trisomie 21, la pièce rappelle combien la reconnaissance scientifique a longtemps été inégalement distribuée. Étudiantes bénéficiaires et mécènes s’y sont retrouvés pour un temps d’échange autour de la place des femmes dans l’histoire des sciences. Le public salue Marie-Christine Barrault pour son jeu engagé, au service d’une parité représentée à juste titre.
Un programme de bourses aux effets mesurables
Au-delà des événements, l’action de la Fondation s’inscrit dans la durée. Depuis 2023, le programme de bourses Femmes et Sciences attribue 1 000 euros par mois pendant trois ans aux étudiantes admises au Concours Normalien Étudiant (CNE) en mathématiques, informatique et physique.
Les premiers résultats sont tangibles. Depuis le lancement du programme, 39 lauréates ont été accompagnées, dont 9 nouvelles pour la rentrée 2025. Les candidatures féminines au CNE en physique ont progressé de 50 %. Le département de mathématiques a recruté sa première promotion paritaire issue du CNE, après celui de physique.
Un nouvel élan avec le soutien de Cailabs
La Fondation se réjouit d’accueillir un nouveau mécène engagé, l’entreprise Cailabs, qui vient renforcer ce dispositif. Chaque nouveau partenariat consolide la pérennité du programme et augmente sa capacité d’action.
Atteindre un objectif durable de parité dans les départements scientifiques à l’horizon 2030 suppose de stabiliser et d’amplifier ce levier. 15 000 euros financent une année de bourse. 45 000 euros sécurisent un parcours complet.
La dynamique est enclenchée. Elle reste à consolider. Le soutien des mécènes est déterminant pour inscrire durablement la parité au cœur des filières scientifiques d’excellence de l’ENS.

